L’adénome Hypophysaire

L'Hypophyse, comprendre cette"petite" glande aux grands effets !

Pour comprendre l’acromégalie, il faut d’abord faire connaissance avec le centre de commande de notre corps : l’hypophyse. Cette minuscule glande, de la taille d’un petit pois (10 mm) et pèse 0,5gr est située à la base de notre cerveau, bien à l’abri dans une petite cavité osseuse appelée la selle turcique. Et pourtant, elle contrôle presque toutes les glandes endocrines de l’organisme. Certes, elle est contrôlée elle-même par l’hypothalamus situé au-dessus d’elle, mais c’est elle qui secrète (fabrique et libère) six hormones principales et quelques autres.C’est ainsi qu’elle contrôle :

  • la thyroïde (par le biais de la thyréostimuline) ;
  • les corticosurrénales (par le biais de la corticostimuline) ;
  • les testicules et les ovaires (par le biais des gonadotrophines).

Elle assure la croissance et le développement physique en sécrétant l’hormone de croissance et la lactation en sécrétant la prolactine. C’est aussi grâce à elle que les sensations douloureuses sont inhibées (endorphines) l’équilibre hydrique de l’organisme assuré(vasopressine), que la peau est colorée (mélanostimuline) et que les contractions utérines sont déclenchées lors de l’accouchement (ocytocine). Il s’agit d’une glande « maîtresse ».

Qu'est-ce qu'un adénome hypophysaire ?

Un adénome hypophysaire est une tumeur qui se développe sur cette glande. Le mot « tumeur » peut faire peur, mais il est essentiel de préciser d’emblée qu’il s’agit dans l’immense majorité des cas d’une tumeur bénigne. Cela signifie qu’elle ne se propage pas dans le reste du corps.

Cependant, parce que l’espace dans le crâne est limité, cet adénome peut devenir gênant de deux manières : soit en appuyant sur les zones voisines (comme les nerfs optiques), soit en déréglant la production d’hormones.

On distingue alors deux types d’adénomes :

  • Les adénomes non-sécrétants : Ils ne produisent aucune hormone mais peuvent causer des maux de tête ou des troubles de la vue par leur simple volume.

  • Les adénomes sécrétants : Ils produisent une hormone en excès, ce qui dérègle tout l’équilibre de l’organisme.

Quelles en sont les causes ?

C’est une question que nous nous posons tous au moment du diagnostic. À ce jour, la science n’a pas identifié de cause environnementale claire (comme l’alimentation ou le mode de vie) pour l’apparition d’un adénome hypophysaire.

Dans la plupart des cas, il s’agit d’une mutation génétique spontanée au sein d’une seule cellule de l’hypophyse, qui se met alors à se multiplier de façon incontrôlée. Dans de rares cas (environ 5 %), il peut exister une prédisposition familiale, mais pour l’immense majorité d’entre nous, il s’agit d’un événement aléatoire de la vie cellulaire.

Les maladies engendrées par ces adénomes

Selon la zone de l’hypophyse touchée et l’hormone produite en excès, l’adénome peut provoquer des maladies très différentes :

  • L’Acromégalie : C’est ce qui nous concerne ici. L’adénome produit trop d’hormone de croissance (GH). Chez l’adulte, cela provoque un élargissement des mains, des pieds et des traits du visage, ainsi que des complications cardiaques et articulaires.

  • La Maladie de Cushing : Ici, l’adénome sécrète trop d’ACTH, ce qui stimule la production de cortisol (l’hormone du stress). Cela entraîne une prise de poids localisée sur le tronc, un visage arrondi et une fragilité de la peau.

  • Le Prolactinome : C’est le plus fréquent. L’excès de prolactine peut stopper les règles chez la femme ou provoquer une baisse de libido et des troubles de l’érection chez l’homme.

  • L’Adénome thyréotrope : Plus rare, il pousse la thyroïde à travailler trop vite, provoquant une hyperthyroïdie (accélération du cœur, nervosité, perte de poids).

L’avis de notre association : « Mettre un nom sur l’adénome, c’est déjà commencer à reprendre le contrôle. Ce n’est pas une fatalité, mais un dysfonctionnement mécanique et chimique que la médecine moderne sait aujourd’hui traiter avec une grande précision. »

La tumeur mesure moins de 10 millimètres.

La tumeur mesure plus de 10 millimètres. C’est souvent le cas dans l’acromégalie au moment du diagnostic.

 C’est une cavité osseuse où se trouve l’hypophyse.